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Miryam Vargas, la voix indigène qui fait de la communication un outil de résistance

Miryam Vargas Teutle, locutrice nahua et défenseure de l’environnement, a fait de la radio communautaire un instrument de résistance face aux spoliations foncières dans la région de Puebla, au Mexique. Depuis près de trente ans, cette habitante de San Bernardino Tlaxcalancingo lutte contre les megaprojets industriels et les menaces étatiques qui pèsent sur les territoires autochtones. Sa trajectoire illustre l’engagement des femmes indigènes pour préserver leurs terres, leur culture et leur autonomie face au modèle extractiviste.

Un engagement né du despojo

Durant son enfance, Miryam a subi la perte des terres familiales, expropriées par le gouvernement pour l’aménagement d’un projet routier au mépris des droits des ejidatarios. Face à l’expansion industrielle des années quatre-vingt-dix et aux transformations urbaines de la vallée de Cholula, elle a développé une conscience politique aiguisée par la solidarité locale avec le mouvement zapatiste. Cette spoliation initiale a forgé son attachement viscéral à la terre et sa détermination à porter la voix des communautés marginalisées.

En deux mille neuf, elle a cofondé la Radio Comunitaria Cholollan pour briser le monopole médiatique officiel et diffuser des informations ancrées dans la cosmovision nahua. Malgré la saisie arbitraire de leur matériel par les autorités fédérales en deux mille quatorze et les tracasseries administratives, la communauté a reconstruit son outil de diffusion. Deux ans plus tard, la station a obtenu la première concession de radiodiffusion à usage social indigène du pays, consacrant la reconnaissance légale de leur identité.

Violences et résistance collective

L’activisme de Miryam s’est heurté à une surveillance accrue de l'État, marquée par des descentes de l’armée et des campagnes d’intimidation visant à étouffer la contestation des grands projets extractifs. Cet climat de répression a atteint son paroxysme avec l’assassinat en deux mille dix-neuf de son collègue Samir Flores, militant nahua opposé au projet énergétique Morelos. Malgré les menaces persistantes, les intrusions à son domicile et les agressions policières lors de manifestations, la défenseure poursuit son combat.

Pour faire face à ces violences systémiques, elle s’appuie sur la solidarité des réseaux de femmes et sur l’organisation collective des peuples de la région. En organisant des rencontres nationales de communicatrices autochtones, elle contribue à tisser des liens de solidarité et à documenter les impacts de l’extractivisme sur les corps et les territoires, affirmant l’indispensable autonomie des communautés face aux pressions capitalistes.

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Résumé rédigé par Clans et Tribus d’après Insurgencia Magisterial.

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