Clans et Tribus

Environnement Suriname

La communauté Wayana lutte contre les mineurs d'or illégaux en Amazonie

Dans les villages reculés du nord-est du Suriname, le long de la rivière Lawa marquant la frontière avec la Guyane française, la communauté autochtone Wayana fait face à une présence massive de chercheurs d’or clandestins. Malgré les engagements officiels de l'État pour préserver le couvert forestier et limiter l’usage du mercure, l’absence des autorités laisse ces territoires vulnérables à la déforestation et aux pollutions.

Une autorité coutumière sous pression

Pour tenter de réguler la situation, le chef coutumier Ipomadi Toko Pelenapïn utilise le contrôle de la seule piste d’atterrissage locale afin de monnayer des accords avec les mineurs et les commerçants chinois installés sur place. En échange de taxes prélevées sur leur production, certains orpailleurs obtiennent l’autorisation de travailler, tandis que le chef tente de prévenir les conflits au sein de sa communauté. Toutefois, la surpopulation minière et l’armement croissant des acteurs illégaux affaiblissent ce levier d’action traditionnel.

La tension a atteint un seuil critique lors du conflit opposant les Wayana à une famille locale d’anciens alliés, les Spence, accusés d’avoir racketté des camps et armé des milices. Face à ces menaces, les habitants ont obtenu le départ de ce groupe, dont les concessions ont toutefois été rachetées par une entreprise canadienne. Cette transition vers une exploitation industrielle fait redouter de nouvelles pressions sur l’intégrité de la région.

Des enjeux cruciaux de souveraineté

Pour contrer ces menaces, l’organisation locale Mulokot soutient les résidents dans la cartographie précise de leurs terres ancestrales et le développement d’outils de surveillance par satellite. Ces initiatives visent à préparer l’avenir des jeunes générations en combinant la préservation des traditions et l’accès à de nouvelles opportunités éducatives à distance.

Cependant, la reconnaissance officielle des droits fonciers demeure au point mort, le Suriname étant l’unique État sud-américain à ne pas garantir ces titres aux peuples autochtones, en dépit d’une décision de la Cour interaméricaine des droits de l’homme. Faute de titres de propriété, les dirigeants locaux peinent à faire valoir leurs droits face aux concessions attribuées unilatéralement par la capitale.

Cette insécurité juridique place les futurs chefs de la communauté face à d’immenses défis pour protéger leur environnement et assurer la subsistance des familles. Entre la rousseur de la faune locale, la contamination des rivières et l’afflux incessant d'étrangers, la survie culturelle et physique des Wayana dépend de leur capacité à obtenir une protection juridique durable.

Partager cette actu

Le texte et l’image s’adaptent au réseau choisi.

Résumé rédigé par Clans et Tribus d’après Mongabay.

Lire l’article complet sur Mongabay

Pour comprendre le contexte

Autres actus : Environnement

Astuce : essaie « têtes réduites », « Écosse » ou « Sand Creek ».