Les droits des Maoris et la santé publique au cœur des élections

Les électeurs néo-zélandais se mobilisent pour un scrutin national crucial prévu le sept novembre, dans un climat d’inquiétude généralisée concernant la détérioration du système de santé publique. Les politiques menées par le gouvernement de coalition du Premier ministre Christopher Luxon font l’objet de vives critiques de la part du personnel médical et des défenseurs des droits civiques. La campagne met en lumière de profondes divergences entre les formations politiques sur la gestion des services de santé et la prise en compte des besoins spécifiques des populations autochtones.
Un recul des droits maoris
Plusieurs réformes adoptées ces derniers mois ont profondément affaibli les protections et les instances dédiées à la santé des communautés maories et pacifiques. L’autorité sanitaire maorie, mise en place sous le précédent exécutif, a été dissoute, tandis que le recours à la langue officielle dans les documents administratifs et éducatifs a été restreint. Des dirigeants syndicaux et associatifs dénoncent une politique qu’ils qualifient de racisme institutionnel, le gouvernement justifiant pour sa part ces mesures par une volonté de garantir une stricte égalité des soins fondée uniquement sur les besoins individuels et non sur l’appartenance ethnique.
Des inégalités de santé persistantes
Les professionnels de la santé alertent sur des disparités persistantes, les données montrant que l’espérance de vie des hommes et des femmes maoris demeure inférieure de sept ans à celle de la population d’origine européenne. Des syndicats de spécialistes pointent également des suppressions de critères basés sur l'équité pour l’accès à certains traitements contre le diabète ou le cancer. Par ailleurs, la gestion des conseils de l’ordre des médecins et des infirmiers a été modifiée, le pouvoir exécutif ayant écarté des personnalités autochtones au motif que leurs exigences en matière de sécurité culturelle constituaient un programme idéologique.
Un système sous haute tension
Le réseau hospitalier public souffre de pénuries chroniques de personnel, d’infrastructures défaillantes et de délais d’attente prolongés pour les interventions chirurgicales et les services d’urgence. De nombreux observateurs reprochent à l’exécutif de privilégier le secteur privé pour résorber les retards, au détriment du service public. Des voix s'élèvent également pour réclamer une planification à long terme face aux défis sanitaires, climatiques et démographiques, estimant que la réponse apportée par les principaux partis politiques reste insuffisante.
Résumé rédigé par Clans et Tribus d’après Croakey Health Media.


