Le problème de langue lakota dans le film oscarisé dances with wolves

En octobre 1990, le western Danse avec les loups, réalisé par Kevin Costner, est présenté en avant-première à Washington avant de remporter un immense succès mondial et plusieurs Oscars. Le film se distingue par l’utilisation de la langue lakota sous-titrée en anglais, au lieu du traditionnel anglais imposé aux personnages autochtones. Derrière cette démarche saluée pour son authenticité se cache pourtant une particularité linguistique remarquée par les locuteurs natifs. En effet, les acteurs et le protagoniste principal s’expriment en utilisant des formes de langage féminines.
Un apprentissage linguistique simplifié
La traduction et la formation des comédiens ont été confiées à l'éducatrice lakota Doris Leader Charge, assistée d’Albert White Hat. Confrontée à la difficulté d’enseigner des structures complexes à des acteurs non bilingues en un temps très court, l'équipe de production a dû simplifier les dialogues. Cette adaptation a conduit à l’omission des distinctions grammaticales genrées propres à la langue. Des personnalités comme le militant oglala Russell Means ont ainsi souligné, non sans amusement, que les hommes du film utilisaient des tournures réservées aux femmes, provoquant des rires lors des projections au sein de la communauté.
Une portée culturelle contrastée
Malgré cette imperfection linguistique relevée par les connaisseurs, l’intégration d’une langue autochtone dans une production hollywoodienne d’envergure a été perçue comme une avancée majeure. Des acteurs comme Mary McDonnell ont souligné l’importance de faire entendre une voix indigène souvent ignorée par le grand public. Toutefois, des critiques ont également visé le récit lui-même, centré sur un protagoniste blanc, rappelant les limites persistant dans la représentation des peuples autochtones par l’industrie du cinéma américain.
Un héritage entre visibilité et limites
Cette anecdote de tournage illustre la complexité de la démarche du film, partagée entre la volonté sincère de valoriser la culture lakota et les contraintes logistiques d’Hollywood. Si des millions de spectateurs ignorant la langue n’ont perçu aucun décalage, l’erreur est devenue un sujet de discussion incontournable pour les locuteurs natifs. Le film demeure ainsi un jalon ambigu de l’histoire du western, salué pour sa mise en valeur d’un patrimoine linguistique tout en révélant l’imperfecton des représentations médiatiques des peuples autochtones.
Résumé rédigé par Clans et Tribus d’après Yahoo.


