le ministère brésilien des peuples autochtones menacé par l'élection présidentielle

À l'approche du second tour de l'élection présidentielle brésilienne prévu fin octobre, le ministre des Peuples indigènes Eloy Terena exprime de vives inquiétudes. Il avertit qu'une victoire du candidat d'extrême droite Flávio Bolsonaro pourrait réduire à néant les avancées historiques obtenues depuis 2023 pour les populations autochtones.
Depuis sa création au début de l'année 2023 par le président Luiz Inácio Lula da Silva, le ministère inédit dirigé par Sonia Guajajara puis par Eloy Terena a permis la pleine démarcation de vingt terres autochtones. Les autorités ont également expulsé des intrus de douze territoires et constaté une chute spectaculaire de l'orpaillage illégal dans le territoire Yanomami.
Le bilan de ces dernières années comprend en outre des accords de réparation historiques, notamment pour le peuple Avá-Guarani, ainsi que l'établissement de la première université fédérale indigène du pays. D'importantes mesures linguistiques ont également vu le jour, avec la traduction de la Constitution dans plusieurs langues autochtones et l'intégration de quotas dans la fonction publique.
Malgré ces progrès, le candidat Flávio Bolsonaro, arrivé en tête du premier tour, promet d'interrompre toute nouvelle démarcation de terres réservées et envisage de transférer cette compétence au Congrès national. Il a également formulé des déclarations controversées sur l'assimilation des autochtones, ravivant le traumatisme de la gestion de son père, marquée par le non-respect des droits constitutionnels.
Face à cette menace, des figures majeures comme le leader Ailton Krenak redoutent un retour de la politique de prédestination et de destruction environnementale. Les observateurs rappellent que toute modification des équilibres constitutionnels actuels fragiliserait gravement la survie, la culture et l'intégrité territoriale des peuples autochtones du Brésil.
Résumé rédigé par Clans et Tribus d’après Mongabay.




