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Cultures & langues Canada · Ontario

La Première Nation de Wiikwemkoong installe son propre centre de données

La Première Nation de Wiikwemkoong, une communauté autochtone située sur l’île Manitoulin en Ontario, a installé son propre centre de données pour stocker ses informations sensibles et ses enregistrements culturels. D’une taille comparable à celle d’un garage pour une voiture, cette infrastructure locale héberge à la fois des documents administratifs, des dossiers de santé, des images de vidéosurveillance et des vidéos de locuteurs de la langue anishinaabemowin. Le projet est dirigé par le chef Tim Ominika et le directeur technique Michael McCormick.

Cette initiative vise à garantir la souveraineté numérique de la communauté en lui redonnant le contrôle total de ses données, qui étaient auparavant hébergées par des fournisseurs tiers, notamment dans un centre Microsoft à Toronto. La décision d’investir dans cette infrastructure locale fait suite à un événement survenu en 2022, lorsqu’une inondation avait endommagé des archives numériques éparpillées dans divers bureaux administratifs. Les responsables ont ainsi voulu sécuriser définitivement la mémoire institutionnelle et les supports pédagogiques essentiels.

Une préservation culturelle cruciale

L’enjeu principal réside dans la sauvegarde de la langue autochtone face au déclin du nombre de locuteurs courants. Le chef Tim Ominika souligne que ces enregistrements vidéo garantissent la transmission des traditions et des savoirs aux générations futures, bien après le départ des porteurs de savoirs actuels. La communauté applique ainsi concrètement les principes de gouvernance des données fondés sur la propriété, le contrôle, l’accès et la possession.

Au-delà de la conservation culturelle, cette installation de taille modeste soutient des opérations quotidiennes telles que la gestion de caméras de surveillance et d’une flotte de drones. Ce fonctionnement local évite la dépendance à des connexions distantes et garantit une meilleure réactivité pour la sécurité publique. Aucun chiffre précis concernant le coût total de construction n’a été communiqué, mais les dirigeants évoquent un investissement financier important pour leur collectivité.

Vers un nouveau modèle d’infrastructure

Bien que les rapports indiquent qu’il s’agirait du seul centre de données implanté sur un territoire autochtone au Canada, cette information n’a pas fait l’objet d’une vérification officielle par un registre indépendant. Le projet s’inscrit dans un mouvement plus large de reprise en main des infrastructures technologiques par les peuples autochtones, cherchant à s’affranchir des solutions cloud standard proposées par les grandes entreprises du secteur.

Cette réalisation pourrait inspirer d’autres Premières Nations confrontées aux mêmes défis en matière de protection des données et de préservation linguistique. Les fournisseurs de services cloud et les fabricants d’infrastructures modulaires devront désormais intégrer cette exigence d’autonomie territoriale dans leurs relations futures avec les communautés autochtones.

Résumé rédigé par Clans et Tribus d’après https://tech-insider.org/.

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