Dix Adivasis condamnés à mort suite à l'attaque de Jhiram Valley en Inde

En septembre 2024, un tribunal spécial de Jagdalpur, en Inde, a condamné à mort dix Adivasis originaires de la région de Bastar. Ces personnes ont été reconnues coupables d’implication dans l’attaque armée de Jhiram Valley survenue en mai 2013, un assaut mené par des maoïstes qui avait coûté la vie à vingt-sept personnes, dont de hauts responsables politiques et des membres des forces de l’ordre. La plupart des condamnés se trouvent déjà incarcérés depuis près de douze années, et ces sentences capitales attendent désormais la confirmation de la Haute Cour du Chhattisgarh.
Un jugement aux preuves contestées
Le tribunal a fondé ses condamnations sur des témoignages d’anciens rebelles ayant déposé les armes, bien que les victimes et les témoins directs n’aient identifié aucun des accusés lors des audiences, et qu’aucune arme n’ait été saisie en leur possession. Le jugement reconnaît que les villageois subissent souvent des pressions et des menaces pour fournir de la nourriture ou de l’aide aux insurgés, mais l’institution a estimé que ces dix personnes avaient sciemment pris part au projet criminel. La défense a vainement plaidé l’absence de passé judiciaire, l’origine rurale des prévenus, la perspective de réhabilitation et la dureté des conditions de vie locales.
La question de la justice
Ces condamnations soulèvent de vives inquiétudes quant au sort des minorités et des populations marginalisées au sein du système judiciaire indien, où les classes défavorisées se trouvent largement surreprésentées dans les couloirs de la mort. Alors que le gouvernement proclame la fin prochaine du conflit armé et encourage les redditions, le maintien de telles sanctions irréversibles interroge sur la nature de la paix recherchée. Des voix s'élèvent pour réclamer l’annulation de ces peines capitales et la réexamen global des dossiers concernant les prisonniers en lien avec cette insurrection prolongée.
Résumé rédigé par Clans et Tribus d’après TheWire.in.
