Clans et Tribus

Droits & territoires Brésil · Mato Grosso do Sul

Des menaces de violences politiques pèsent sur les guarani et kaiowá

Des violences et des intimidations politiques ciblent les communautés guarani et kaiowá dans l’État du Mato Grosso do Sul, à la suite de la dernière élection présidentielle brésilienne remportée par Luiz Inácio Lula da Silva. Un climat d’hostilité accru s’est installé dans la région, marqué notamment par des menaces d’empoisonnement de l’eau visant la petite aldeia Yvu Verá 2, située à Dourados. Des enregistrements audios diffusés entre habitants ont révélé des propos haineux de personnes reprochant aux autochtones leur choix électoral et appelant à contaminer leurs sources d’approvisionnement. Face à la gravité de la situation et à la peur des résidents, qui dépendent d’un camion-pipa pour remplir leur unique réservoir, le gouvernement fédéral a dépêché des ministres pour enquêter sur place.

Des tensions foncières exacerbées

Les discriminations et les pressions subies par ces populations s’inscrivent dans un contexte historique de conflits liés à la terre et à l’agronégoce. L’aldeia menacée a été établie il y a quatre ans sur un espace revendiqué comme ancestral, à la suite d’une action de reconquête face aux retards étatiques de démarcation. Les familles sur place font face à des provocations constantes de propriétaires terriens, qui vont des tentatives d’intimidation au volant de véhicules jusqu’aux menaces physiques directes. Des représentants d’organisations de défense des droits autochtones soulignent que ces hostilités ne se limitent pas à des insultes, mais touchent aux conditions fondamentales de survie, rappelant des antécédents de pollution des cours d’eau et de pulvérisations aériennes de produits chimiques près des villages.

Une réponse institutionnelle urgente

La mairie de Tacuru a identifié et écarté des employés municipaux soupçonnés d’être impliqués dans la propagation des messages haineux, tout en niant leur lien avec la gestion des ressources hydriques. En parallèle, les autorités nationales ont planifié des déplacements ministériels pour évaluer les conditions de sécurité dans plusieurs localités touchées par ces tensions. Les leaders communautaires continuent de dénoncer des pressions policières récurrentes et rappellent la surpopulation chronique de la réserve indigène voisine, créée il y a plus d’un siècle. Malgré les risques et l’atmosphère de persécution entretenue par des milices rurales alignées sur l’extrême droite politique, les Guarani et Kaiowá réaffirment leur détermination à maintenir leurs occupations territoriales.

Partager cette actu

Le texte et l’image s’adaptent au réseau choisi.

Résumé rédigé par Clans et Tribus d’après DW.com.

Lire l’article complet sur DW.com

Pour comprendre le contexte

Autres actus : Droits & territoires

Astuce : essaie « têtes réduites », « Écosse » ou « Sand Creek ».