Des avocats pointent les échecs et le racisme systémique de la Cour du coroner face aux Autochtones

Des avocats et des défenseurs des droits ont vivement critiqué en Australie le fonctionnement de la Cour du coroner, accusée de perpétuer un racisme systémique et d’infliger de nouveaux traumatismes aux familles autochtones. Lors du Forum international sur l’accès à la justice, le directeur du National Justice Project, George Newhouse, a dénoncé le manque d’ouverture de cette juridiction ancienne face aux réalités des Premières Nations.
Des discriminations quotidiennes dans les prétoires
Plusieurs incidents récents illustrent l’hostilité de cette institution envers les proches endeuillés, à l’instar d’une famille en Australie-Occidentale refoulée d’une salle d’audience ou priée de s’isoler pour avoir porté des vêtements à l’effigie d’un défunt. Les rapports et les témoignages accumulés depuis des années pointent également des jugements méprisants, des enquêtes bâclées et un déséquilibre flagrant entre les conseils juridiques des familles et les armées d’avocats représentant les institutions.
Les promesses bafouées de la commission royale
Cette situation perdure malgré les trente-quatre recommandations formulées à l’intention de la Cour du coroner par la grande commission royale sur les morts en détention, qui s’est déroulée entre 1987 et 1991. Si l’obligation d’ouvrir une enquête en cas de décès en détention a globalement été adoptée, la mise en œuvre des réformes s’est essoufflée et les gouvernements successifs ont cessé de rendre des comptes sur leurs engagements.
Des lueurs d’espoir et des initiatives locales
Quelques juridictions régionales montrent toutefois la voie, à l’image du Victoria qui a instauré une unité de liaison autochtone et de la Nouvelle-Galles du Sud qui a formalisé des protocoles d’accompagnement plus respectueux. Des enquêtes marquantes ont par ailleurs permis d’obtenir des avancées législatives concrètes, telles que la suppression des peines d’emprisonnement pour amendes impayées ou la reconnaissance de biais raciaux au sein des services de santé.
La nécessité d’enquêtes menées par les Autochtones
Afin de restaurer la confiance brisée, les intervenants estiment indispensable d’instaurer des enquêtes menées directement par les communautés autochtones et leurs propres enquêteurs. La défiance envers le système actuel reste particulièrement vive lorsque les investigations initiales sont confiées à la police elle-même, en particulier dans les affaires impliquant des décès survenus lors d’interventions des forces de l’ordre.
Résumé rédigé par Clans et Tribus d’après Lawyers Weekly.


