Une étude ADN exclut tout métissage précoce entre colons français et autochtones à Montréal

Une étude génétique publiée en octobre dans la revue PNAS a analysé l’ADN de quarante-cinq squelettes issus du cimetière Notre-Dame à Montréal, fondé en 1683 et utilisé jusqu’en 1796. Les résultats révèlent une ascendance exclusivement franco-europeenne, sans aucun signe de métissage récent avec des populations autochtones ou africaines.
Les limites méthodologiques et sociales
Les chercheurs soulignent que cet échantillon restreint provient d’un site spécifique et correspond probablement à des colons français de condition modeste, les plus aisés et le clergé ayant pu être exhumés ou inhumés à l’intérieur de l'édifice religieux. Cette absence de mélange génétique ne signifie pas que les unions interethniques n’ont jamais existé, mais elle interroge la narration populaire très répandue au Québec concernant un métissage précoce généralisé.
Une marginalisation historique visible
Les archives indiquent que des personnes autochtones ont pourtant été inhumées dans des cimetières catholiques au XVIIe siècle, avant que la spoliation des terres et le déplacement des missions ne les éloignent des centres urbains. Les individus réduits en esclavage étaient quant à eux souvent ensevelis sur les terres de leurs propriétaires ou dans des espaces réservés aux pauvres, illustrant la ségrégation de l'époque.
Complexité des relations coloniales
Les auteurs rappellent que les relations entre colons français et peuples autochtones furent complexes, oscillant entre alliances, commerce, conflits et liens familiaux avérés par ailleurs. Ils insistent également sur le fait que l’identité autochtone ne se résume pas à une donnée biologique ou sanguine, mais relève avant tout de la parenté, de la communauté et du lien au territoire.
Enjeux contemporains de l’ascendance
L’engouement actuel pour la généalogie commerciale et les tests ADN alimente des récits familiaux d’ancêtres autochtones souvent lointains. Les scientifiques rappellent qu’une ascendance lointaine ne confère en rien une appartenance culturelle et que ces revendications peuvent affaiblir les droits et la reconnaissance des nations autochtones actuelles.
Résumé rédigé par Clans et Tribus d’après Live Science et Aventuras na História.
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Autres sources : Aventuras na História


