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Histoire & archéologie Uruguay · Durazno

Une découverte archéologique éclaire les pratiques funéraires en Uruguay

Des recherches archéologiques menées dans le département de Durazno, en Uruguay, ont permis de mettre au jour une structure funéraire autochtone inédite connue sous le nom de cairne de la China. Situé dans le paraje Sarandí de la China, ce monument circulaire de près de dix-sept mètres de diamètre abritait les restes osseux d’un homme et d’une femme adultes. Le site a été découvert lors des travaux d’excavation et d’aménagement liés au projet ferroviaire du Ferrocarril Central, qui relie Montevideo à Paso de los Toros. En raison de l’avancement de la traçabilité des voies, la destruction de la structure était inévitable, ce qui a nécessité une intervention de sauvetage d’urgence menée par une équipe d’archéologues.

Une structure complexe et un rite funéraire spécifique

L’analyse minutieuse du monument a révélé une construction planifiée comportant sept phases distinctes, allant de la préparation du terrain rocheux à l’édification d’une plateforme de terre et de grands blocs de basalte. Les experts ont identifié un enterrement secondaire multiple, ce qui signifie que les corps des deux défunts ont été manipulés et déplacés après une première décomposition avant d’être déposés conjointement. L’homme et la femme, dont l’âge se situait approximativement dans la quarantaine, ont ainsi reçu une sépulture collective soigneusement agencée sous les pierres. Cette architecture circulaire associée à des pratiques funéraires ancestrales constitue une première documentation scientifique de ce type de sépulture dans le pays.

Entre tradition et modernité industrielle

Les fouilles ont également permis de récupérer une grande variété d’objets déposés aux côtés des défunts, témoignant d’une époque de transition. Les archéologues ont exhumé des instruments lithiques taillés dans du quartz, du basalte et de la caliza, aux côtés de fragments de céramique industrielle, de gres, de verre et d’éléments de mercerie. La présence de vestiges datables de la fin du dix-neuvième siècle, tels que de la vaisselle de fabrication britannique, démontre que les bâtisseurs de ce cairne utilisaient des objets manufacturés tout en perpétuant des savoir-faire ancestraux. Cette cohabitation d’éléments matériels questionne la vision traditionnelle d’une disparition totale et immédiate des populations originaires.

La remise en cause du récit officiel national

Ce témoignage matériel vient directement contredire le narratif historique dominant qui affirmait la disparition quasi totale des peuples autochtones à la suite de la sanglante campagne militaire de Salsipuedes menée au début des années 1830. Les sources archéologiques prouvent que des communautés ou des individus porteurs de traditions indigènes ont continué à vivre, à s’adapter et à pratiquer leurs rites funéraires plusieurs décennies après cet épisode tragique. Le site de Durazno illustre ainsi la persistance de expressions culturelles locales au cœur d’un monde rural en pleine transformation sous l’effet de la modernisation et de la centralisation étatique.

Le défi de la préservation et du devenir des restes

La disparition totale du cairne de la China, rasé par les impératifs des infrastructures de transport modernes, pose avec acuité la question de la sauvegarde du patrimoine autochtone uruguayen.

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Résumé rédigé par Clans et Tribus d’après uy press et EL PAÍS Uruguay.

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Autres sources : EL PAÍS Uruguay

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