Clans et Tribus

Société & santé Canada · Colombie-Britannique

Un projet de recherche sur la maternité dénonce les obstacles universitaires

Un projet de recherche mené entre 2019 et 2022 par des communautés autochtones de Colombie-Britannique et du Manitoba, en collaboration avec l’Université de Colombie-Britannique, a mis en lumière les obstacles systémiques rencontrés dans le milieu académique. Intitulée Decolonizing Birth Research et codirigée par des chercheuses autochtones, cette initiative cherchait à documenter les indicateurs de respect et de maltraitance lors de la grossesse et de l’accouchement selon les critères des Premières Nations concernées.

Des exigences bureaucratiques inadaptées

Les travaux ont fait face à de nombreuses difficultés administratives et éthiques imposées par l’institution universitaire. Les comités d'éthique ont notamment exigé la signature préalable d’accords de recherche par une majorité de communautés avant de libérer les fonds, ignorant la méfiance historique envers ces structures et imposant des charges disproportionnées aux participants sans compensation initiale.

Les rigidités financières et salariales

La gestion des budgets a également généré des tensions, l’université refusant d’embaucher une coordinatrice hautement qualifiée au motif qu’elle ne possédait pas de diplôme universitaire, dévaluant ainsi les savoirs expérientiels. De plus, les délais de versement des honoraires aux collaborateurs locaux se sont avérés excessivement longs, entravant le bon déroulement des enquêtes de terrain.

Une autonomie préservée des données

Malgré ces frictions, les communautés ont maintenu le contrôle total sur leurs informations conformément aux principes de souveraineté autochtone. En négociant avec l'établissement, l'équipe a réussi à transférer une partie significative des subventions à une organisation autochtone, permettant des paiements rapides et illustrant l’importance d’une gouvernance indépendante.

Un appel au changement institutionnel

Les auteurs de l'étude qualifient ces barrières de violence épistémique, reprochant à l’université de reproduire des logiques coloniales au détriment de l’autodétermination des peuples. Ils appellent les institutions académiques à réformer leurs protocoles pour soutenir véritablement le leadership autochtone en matière de recherche sur la santé.

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Résumé rédigé par Clans et Tribus d’après Bioengineer.org.

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