Un prêtre maya de Tizimín perpétue les rituels de guérison et de pluie

À Tizimín, dans l'État du Yucatán, le prêtre maya Santiago Dzib Ku, âgé de soixante et onze ans, perpétue des rituels ancestraux de guérison et de pluie. Depuis son enfance, il pratique des cérémonies traditionnelles telles que le cha-chaac pour demander la pluie, ainsi que des soins contre le mal de l’air et le mal d'œil, un savoir qu’il a hérité de son père.
Un savoir menacé d’extinction
Cette transmission culturelle fait face à une menace imminente de disparition, car aucun membre de la famille de Dzib Ku ne souhaite reprendre le flambeau. Les autres sages locaux ont tous disparu, réduisant considérablement le nombre de praticiens capables d’accomplir ces rites dans les ranchs de la région. Pour exercer, le guérisseur parcourt les environs à bicyclette afin de récolter des plantes médicinales dans la végétation, perpétuant des méthodes simples et transmises de génération en génération.
Des rituels ancrés dans le quotidien
Dans sa demeure, il reçoit régulièrement des personnes affaiblies par des maux mystérieux ou des enfants agités nécessitant des purifications. En parallèle, il officie lors de bénédictions de terrains et participe aux rituels agricoles indispensables pour les récoltes locales. Cette fonction religieuse et communautaire était autrefois incarnée par son père, qui occupait des charges importantes au sein de la vie municipale et traditionnelle de la commune.
Entre tradition et modernité
Le praticien exprime une profonde amertume à l’idée que ses connaissances accumulées puissent sombrer dans l’oubli total avec sa disparition. La raréfaction de ces vocations illustre la rupture progressive entre les jeunes générations et les traditions spirituelles mayas face aux mutations de la société contemporaine. La préservation de ces pratiques demeure un enjeu crucial pour le maintien de l’identité culturelle et des liens communautaires dans la péninsule.
Les défis de la transmission
La situation de ce sage reflète la fragilité de la transmission orale au sein des communautés autochtones, où le savoir ne repose plus que sur quelques individus isolés. Sans un renouvellement générationnel, l’ensemble des rituels liés à l’agriculture et à la guérison risque de s’effacer définitivement. Cette disparition annoncée soulève des inquiétudes quant à la survie des expressions spirituelles face aux influences culturelles modernes et à l’exode rural.
Résumé rédigé par Clans et Tribus d’après La Revista Peninsular.


