Un article questionne le déplacement et la commercialisation des lieux culturels autochtones

Un litige oppose les autorités et un établissement géré par des membres autochtones à Fish Hoek, en Afrique du Sud, soulevant la question de la protection des droits culturels face aux impératifs commerciaux. Situé sur le littoral du Cap, le restaurant The Galley dépasse le cadre d’un simple bail commercial en servant de lieu de rassemblement pour les communautés khoïsan.
Un lieu de mémoire et de transmission
Depuis la fin des années quatre-vingt, l’établissement est dirigé par Herbie et Mathea Eichel, cette dernière appartenant à la communauté cochoqua. Au fil du temps, l’endroit est devenu un espace culturel abritant un petit musée, des objets traditionnels et un lieu propice aux cérémonies. Cette dynamique s’inscrit dans un paysage ancestral plus vaste, marqué par la présence de sites archéologiques majeurs comme la grotte de Peers.
Les risques d’une nouvelle dépossession
La menace de fermeture fait craindre aux communautés locales une répétition des traumatismes historiques liés à la colonisation et à l’apartheid, une période où la plage était strictement réservée aux Blancs. Déplacer ces activités culturelles ailleurs ne suffit pas, car la vitalité de ces pratiques dépend d’un lien direct avec le territoire et l’environnement côtier. De plus, la structure soutient activement des populations vulnérables et des enfants issus de quartiers défavorisés par les déplacements forcés passés.
Le cadre juridique et constitutionnel
La défense de cet espace s’appuie sur l’article trente et un de la Constitution sud-africaine, qui garantit le droit des communautés à pratiquer et à maintenir leur culture. Les textes internationaux, notamment la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, renforcent cette approche en protégeant les liens spirituels et matériels avec les terres traditionnelles. Les défenseurs de ce site rappellent que la valeur marchande du littoral ne peut prévaloir systématiquement sur la préservation du patrimoine vivant.
Reconnaître la présence autochtone actuelle
Le débat dépasse la simple gestion d’un bail pour interroger la capacité des institutions à réparer les injustices du passé. Pour les peuples khoï et sans, la réappropriation des espaces publics est indispensable à une véritable réconciliation nationale. Ignorer cette dimension culturelle revient à perpétuer une vision coloniale de l’espace public où l’histoire autochtone est réduite au silence.
Résumé rédigé par Clans et Tribus d’après Cape Argus.


