Quatre-vingt-quatorze journaliers nahuas migrent vers les champs de Sinaloa

Quatre-vingt-quatorze journaliers nahuas originaires de Chiepetepec, dans la région de la Montaña de Guerrero, ont entamé en octobre 2026 un long voyage vers les champs agricoles de Culiacán, dans l’État de Sinaloa. Accompagnés de trente-huit enfants, ces travailleurs et travailleuses ont quitté leur communauté pour participer aux récoltes saisonnières de légumes et de piments qui s'étaleront sur plusieurs mois. Cette migration temporaire met en lumière la persistance d’une grande précarité économique dans leurs territoires d’origine.
Des conditions de travail précaires
Le centre de défense des droits humains Tlachinollan documente cette situation et souligne que le départ des familles est motivé par le manque d’opportunités locales et les difficultés d’accès à l'éducation. Sur place, les journaliers signent des contrats de six à sept mois avec des entreprises agroindustrielles. Leurs rémunérations reposent entièrement sur un système de rendement à la tâche, les paiements étant calculés au volume ou au poids des récoltes, ce qui contraint les travailleurs à maintenir un rythme très soutenu pour espérer dégager des revenus suffisants.
L’impact sur la vie familiale
Certaines entreprises fournissent des logements de base ainsi que des services de garderie et de scolarisation pour les enfants pendant la saison. Toutefois, les organisations sociales alertent sur les répercussions de ces déplacements répétés sur la scolarité des plus jeunes et sur la vulnérabilité générale des familles face à l’exploitation. La pénurie d’enseignants dans la région de Guerrero aggrave cette problématique et prive les enfants d’un suivi pédagogique stable.
Un exode saisonnier répété
Ce va-et-vient entre les zones indigènes et les grands centres de production agricole du nord du pays est devenu un cycle incontournable pour de nombreux foyers nahuas. Alors que les entreprises bénéficient d’une main-d'œuvre abondante pour répondre aux exigences des marchés, les communautés restent ancrées dans une spirale d’inégalités structurelles qui limite leurs alternatives de subsistance en dehors de ces migrations de survie.
Résumé rédigé par Clans et Tribus d’après Somoselmedio.



