Le procès pour le meurtre d'un gardien de la forêt guajajara encore retardé

Le procès concernant l’assassinat en deux mille dix-neuf du gardien de la forêt Paulo Paulino Guajajara et la tentative de meurtre de son collègue Láercio Guajajara, commis par des bûcherons illégaux dans le territoire indigène Arariboia au Brésil, a une nouvelle fois été reporté. Prévu initialement pour une audience prochaine, le tribunal a invoqué un manque de places dans son calendrier pour repousser l’affaire, suscitant l’indignation des autorités, des militants et de la communauté locale.
Un report incompréhensible pour la justice
Le procureur fédéral en charge du dossier a exprimé son incompréhension face à cette nouvelle annulation, soulignant qu’aucune justification valable n’a été apportée par le juge alors que la dernière étape procédurale était achevée depuis la fin de l’année précédente. Le ministère public a annoncé son intention d’analyser les motifs de ce délai pour engager les démarches nécessaires afin d’accélérer l’audience. De leur côté, les proches des victimes ont exprimé un profond désespoir, estimant que le système judiciaire traite les vies autochtones avec un mépris total.
Un précédent juridique majeur pour la région
Ce procès revêt une importance historique considérable car il s’agit de la première affaire d’agression mortelle contre des leaders indigènes à être renvoyée devant un jury fédéral dans l'État du Maranhão. L’affaire a été portée au niveau fédéral après que les procureurs ont démontré que ces crimes constituaient une attaque directe contre l’ensemble de la communauté et de sa culture. Entre les années quatre-vingt-dix et deux mille vingt-trois, de nombreux membres du peuple Guajajara ont perdu la vie dans cette région sans qu’aucun coupable ne soit condamné.
La mobilisation des gardiens de la forêt
Face aux lenteurs de la justice, les Gardiens de la forêt continuent de risquer leur vie pour protéger leurs terres ancestrales et les groupes isolés qui y résident. Les associations locales réclament inlassablement la tenue de ce procès pour honorer la mémoire des victimes et lutter contre l’impunité persistante. Malgré le scepticisme général envers les institutions, les survivants réaffirment leur détermination à poursuivre le combat pour la défense de leur territoire.
Résumé rédigé par Clans et Tribus d’après Mongabay.




