Le massacre du Rio Abacaxis porté devant la cour internationale des droits de l'homme

Six ans après les violences policières commises contre des communautés autochtones et ribeierines en Amazonie, des organisations non gouvernementales ont saisi la Commission interaméricaine des droits de l’homme pour réclamer justice et réparation hors des frontières brésiliennes. Une audience publique s’est tenue à Panamá afin d’analyser les bavures et les homicides perpétrés en août 2020 dans les régions de l'État d’Amazonas et du Mato Grosso.
Une violente opération de représailles
Les exactions dans l'État d’Amazonas ont débuté après une incursion illégale de pêche sportive menée par un haut fonctionnaire local dans les territoires traditionnels des rives de l’Abacaxis et du Mari-Mari. Des policiers agissant en civil ont ensuite agressé les habitants, entraînant des morts dans les deux camps, avant le déclenchement d’une opération punitive officielle sous prétexte de lutte contre les stupéfiants. Des membres des peuples Munduruku et Maraguá ainsi que des riverains ont subi des perquisitions illégales, des actes de torture et des séquestrations, causant la disparition de plusieurs personnes et l’assassinat de civils.
Des exécutions le long de la frontière
Un second drame s’est déroulé dans le Mato Grosso avec l’exécution de quatre chasseurs appartenant au peuple Chiquitano par des agents frontaliers, portant les marques de sévices corporels extrêmes avant leur décès. Malgré les signalements et les demandes de suspension des agents formulées par le Conseil national des droits de l’homme, les autorités locales ont refusé d'écarter les policiers impliqués dans ces interventions meurtrières.
Des procédures judiciaires très ralenties
Sur le plan pénal, la justice fédérale a validé des poursuites contre de hauts responsables sécuritaires pour homicide, torture et enlèvement, mais les procédures se trouvent bloquées par des conflits de compétence entre juridictions. Parallèlement, des décisions de justice ont condamné les institutions publiques à verser des indemnités financières et des pensions aux familles des victimes, tandis qu’un vaste collectif d’organisations poursuit son travail de mobilisation pour briser l’impunité.
Résumé rédigé par Clans et Tribus d’après BNC Amazonas.


