Le gouvernement fédéral critiqué pour le retrait du statut d'Innus au Québec

Plus de sept cents membres de la Première Nation innue d’Essipit, au Québec, ont récemment perdu leur statut d’Indien après une décision de l’Office fédéral de l’enregistrement des Indiens. Cette mesure bouleverse la vie de nombreux ressortissants de la communauté de la Côte-Nord, qui se retrouvent menacés de perdre leurs habitations, leurs droits de pêche et leurs prestations de santé. Les personnes concernées descendent toutes de deux femmes innues ayant vécu au dix-huitième siècle, dont le statut avait initialement été reconnu à la suite de modifications législatives visant à corriger les discriminations sexistes passées de la Loi sur les Indiens.
Une décision fédérale contestée
Lors d’une récente audition au Sénat, des représentants de l’administration fédérale ont défendu cette révocation en expliquant qu’un examen minutieux des archives généalogiques avait révélé des incertitudes sur l’exactitude des sources historiques initiales. Selon l’actuaire fédérale, les recherches n’ont pas permis de valider suffisamment l’ascendance des plaignants à partir de documents incontestables d'époque, imposant une correction administrative jugée inévitable malgré sa rudesse. Les avocats des Innus soulignent toutefois l’absurdité de la situation, les autorités demandant des preuves presque impossibles à fournir pour une période antérieure à la création même de la réserve locale.
L’impact sur la communauté
Pour les familles touchées, cette volte-face gouvernementale représente une violente agression contre leur identité profonde et réduit à néant des années d’efforts pour reconstruire leur vie au sein de leur territoire ancestral. Ayant obtenu le droit de s’installer et de bâtir des logements grâce à des subventions après des décennies d’exclusion, ces résidents font face à une insécurité juridique majeure. Heureusement, le conseil de bande d’Essipit a choisi de ne prononcer aucune expulsion immédiate, octroyant un délai de trois ans aux personnes pénalisées pour régulariser leur situation administrative.
Des recours judiciaires en cours
Face à cette injustice ressentie, un recours a été introduit devant la Cour fédérale pour contester la légalité de la révocation et forcer Ottawa à respecter les droits reconnus aux descendants. Les juristes représentant les plaignants dénoncent un changement arbitraire des critères d'évaluation et l’imposition d’une charge probatoire irréaliste par les services fédéraux. Cette affaire relance les critiques persistantes concernant les lacunes persistantes de la législation fédérale et la persistance de politiques discriminatoires envers les peuples autochtones du Canada.
Résumé rédigé par Clans et Tribus d’après CBC.


