L'Église catholique soutient les peuples de Kalinga et d'Apayao aux Philippines

Dans les montagnes de la Cordillère, au nord des Philippines, le Vicariat apostolique de Tabuk accompagne activement les peuples autochtones Kalinga et Apayao face aux tensions communautaires et aux menaces environnementales. Mgr Sean Buslig Mejia, à la tête de cette circonscription ecclésiastique, détaille l’engagement des missionnaires pour préserver les cultures locales et promouvoir la réconciliation au sein de ces territoires enclavés.
Une médiation ancrée dans les traditions
Les communautés de la région préservent leur patrimoine à travers l’intégration des langues kalinga et isnag, ainsi que des chants et des textiles traditionnels, au sein même de la liturgie catholique. Pour apaiser les rivalités tribales liées aux frontières et aux terres, l’Église s’associe aux conseils des anciens en s’appuyant sur le bodong, un pacte de paix coutumier. Des prêtres participent directement aux négociations afin de prévenir les violences et de transformer les célébrations eucharistiques en espaces de dialogue.
L’engagement de la jeunesse locale
Malgré un baptême largement partagé, de nombreux fidèles peinent à appliquer les valeurs évangéliques face aux logiques de clan, même si les nouvelles générations expriment un rejet massif des conflits. Les jeunes s’investissent massivement comme catéchistes et bénévoles au sein des structures ecclésiales, trouvant dans la foi un ciment unificateur pour leurs différentes identités culturelles. En outre, une grande manifestation culturelle et spirituelle baptisée l’appel des mille gongs a récemment rassemblé des milliers de participants pour affirmer publiquement le rejet de la violence.
La défense des terres et des rivières
Au-delà des divisions intercommunautaires, les populations autochtones font face à de lourdes menaces écologiques et économiques remettant en cause leur survie matérielle et mémorielle. Dans la province d’Apayao, le projet d’un barrage hydroélectrique à Kabugao menace d’engloutir onze villages, détruisant des zones d’habitation, des terres nourricières et des sites funéraires ancestraux. Dans la province de Kalinga, des projets miniers à ciel ouvert risquent d’exacerber les tensions en divisant les communautés locales selon la stratégie du profit.
Un réseau de résistance pacifique
Face aux pressions économiques, le vicariat soutient les recours juridiques des autochtones et sensibilise les habitants à la protection de l’environnement en s’inspirant des textes pontificaux. Couvrant vingt-deux paroisses et stations missionnaires avec trente-six prêtres pour environ deux cent soixante mille catholiques, l’institution ecclésiale structure son action sur la formation des séminaristes et la proximité. Cette mission quotidienne vise à garantir aux peuples autochtones le droit de décider de leur avenir tout en protégeant leur intégrité culturelle et territoriale.
Résumé rédigé par Clans et Tribus d’après Agenzia Fides.


