Des organisations indigènes publient une lettre contre l'offensive extractiviste

Entre le 20 et le 22 octobre 2026, des représentants de sept organisations régionales membres de l’Articulation des Peuples Indigènes du Brasil se sont réunis à Luziânia, dans l'État de Goiás, à l’occasion d’un séminaire consacré à la protection des terres traditionnelles. Les participants ont publié une lettre ouverte pour dénoncer l’offensive extractiviste et le projet politique menaçant de geler la démarcations des territoires indigènes tout en favorisant l’exploitation minière et l’agrobusiness.
La souveraineté face au capital
Les communautés affirment que leurs terres ne constituent pas des marchandises négociables soumises aux intérêts financiers des élites et des marchés internationaux. Le texte critique la nouvelle course mondiale aux minerais critiques et aux terres rares, promue sous couvert de transition énergétique, qui transforme le Sud global en zone de sacrifice environnemental et culturel. Les dirigeants rappellent que l'État et les élites perpétuent des pratiques historiques de violence visant l’extinction des populations originaires pour piller leurs richesses.
Des impacts sanitaires alarmants
La dégradation causée par le garimpo illégal et la mineração industrielle engendre des conséquences sanitaires dramatiques dans les villages, incluant la contamination par le mercure, des cas de travail forcé et des répercussions graves sur la santé des femmes et des enfants. Les auteurs du document soulignent que le sous-sol et la surface forment un tout inséparable, rejetant l’argumentation officielle qui dissocie les deux pour légitimer l’intervention étatique et la destruction des lieux sacrés.
Le refus des consultations factices
Face aux pressions institutionnelles émanant du Congrès national et aux délais fixés par la Cour suprême pour réglementer l’exploitation minière, les organisations exigent le respect du droit au consentement libre, prévisible et éclairé. Elles rejettent les procédures de consultation instrumentalisées qui n’offrent aucune possibilité de refus et réaffirment l’autonomie des peuples pour déclarer leurs espaces totalement libres de toute forme d’extraction prédatrice.
Alternatives et avenir collectif
Le document revendique la finalisation de la démarcation de l’ensemble des terres indigènes d’ici 2030 ainsi que la reconnaissance pleine et entière de l’autodetermination politique et juridique des communautés. En réponse au modèle extractiviste, les populations locales promeuvent des économies fondées sur l’agroécologie, la gestion durable de la sociobiodiversité et la souveraineté alimentaire afin de préserver durablement les écosystèmes.
Résumé rédigé par Clans et Tribus d’après CIMI - Conselho Indigenista Missionário.
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