Des experts réclament un droit de regard autochtone sur la vente d'une collection d'art

Des spécialistes du patrimoine réclament l’implication directe des nations autochtones dans le sort d’une trentaine d’objets culturels saisis dans le cadre d’une procédure de faillite au Canada. Cette collection d’œuvres d’art et d’antiquités, rassemblée par un homme d’affaires de la Nouvelle-Écosse dont l’entreprise fait face à d’importantes créances, comprend notamment des pièces inuites, micmacs et cries dont l’origine précise reste souvent floue.
Un patrimoine culturel souvent mal identifié
Les intervenants estiment que les marchands d’art et les commissaires-priseurs ne possèdent pas les compétences nécessaires pour évaluer correctement la valeur patrimoniale de ces objets traditionnels. L’Association des musées canadiens souligne que de nombreuses pièces ont intégré des collections privées à la suite de pressions religieuses ou financières exercées par le passé sur les communautés. Les organisations représentatives des populations concernées proposent leur aide pour expertiser ces biens et organiser leur restitution lorsque leur histoire le justifie.
Des obstacles juridiques et financiers majeurs
De son côté, le propriétaire de la collection défend la transparence des circuits d’acquisition et assure s’être approvisionné auprès de professionnels réputés. Les experts rappellent toutefois que l’absence d’un cadre national contraignant complique grandement les démarches de rapatriement. De surcroît, les structures autochtones manquent souvent des ressources financières nécessaires pour se porter acquéreurs ou intervenir efficacement lors de ventes judiciaires de cette envergure.
La valorisation des biens autochtones en question
Cette situation met en lumière la vulnérabilité du patrimoine autochtone face aux logiques financières et aux liquidations d’actifs d’entreprises privées. Les musées publics disposent désormais de lignes directrices pour restituer les objets spoliés lors de déplacements forcés ou de politiques d’assimilation. Les défenseurs des droits culturels estiment que ces principes éthiques devraient désormais s’imposer à l’ensemble des détenteurs privés d’œuvres traditionnelles.
Résumé rédigé par Clans et Tribus d’après The Globe and Mail.


