Clans et Tribus

Droits & territoires Kenya

Une étude analyse l'exclusion économique des autochtones et pasteurs au Kenya

Une nouvelle étude met en lumière l’exclusion économique persistante des peuples autochtones et des pasteurs au Kenya, malgré l’existence de cadres juridiques protecteurs adoptés depuis la Constitution de 2010. Les projets liés à la conservation, aux énergies renouvelables et aux marchés du carbone s’implantent massivement sur leurs territoires sans leur garantir un contrôle réel ni des retombées équitables.

Les limites des protections juridiques

Bien que la Constitution et la loi sur les terres communautaires reconnaissent les droits coutumiers et exigent le consentement préalable des populations, les faits montrent un décalage prononcé. Les investissements économiques et les initiatives de verdissement profitent rarement aux habitants locaux, qui disposent d’un pouvoir de négociation limité face aux promoteurs et aux autorités.

Les politiques de conservation, telles que celles menées dans les parcs nationaux et les réserves, continuent de marginaliser les éleveurs traditionnels. Les pressions pour morceler les terres collectives en parcelles privées réduisent les parcours pastoraux disponibles et alimentent les tensions foncières, notamment chez les Massaïs.

Des victoires judiciaires majeures

Plusieurs décisions de justice récentes ont donné raison aux communautés spoliées. La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples a ainsi rendu une décision historique en faveur des Massaïs, tandis qu’un tribunal kenyan a jugé illégales certaines créations de conservancies faute de participation publique adéquate.

Le peuple ogiek subit quant à lui des expulsions répétées de la forêt de Mau au nom de la conservation environnementale. Malgré des arrêts majeurs de la Cour africaine des droits de l’homme reconnaissant leurs droits collectifs, des destructions de biens et des expulsions forcées ont encore lieu.

Défis énergétiques et carbone

Dans la région du Turkana, le plus grand parc éolien du pays a été implanté sans le consentement des communautés locales, qui n’en retirent qu’un bénéfice économique minime. La justice a pointé du the respect insuffisant des procédures requises lors de l’attribution de ces terres ancestrales.

Par ailleurs, de nouveaux projets de compensation carbone ciblent les territoires massaïs. Les habitants locaux critiquent vivement ces initiatives qu’ils qualifient de colonialisme climatique, dénonçant une marchandisation de la nature menaçant leurs modes de vie.

Perspectives et réformes nécessaires

Les instances internationales appellent l’État kenyan à appliquer pleinement les décisions des juridictions régionales et à verser des compensations adéquates. Le pays n’a toutefois pas ratifié la convention pertinente de l’OIT ni adopté la déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones.

Pour inverser cette tendance, les experts recommandent l’accélération de l’immatriculation des terres communautaires et la réforme des lois sur la conservation. Il s’agit de garantir aux peuples autochtones une participation décisionnelle effective et un partage juste des richesses générées sur leurs terres.

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Résumé rédigé par Clans et Tribus d’après Human Rights Research Center | HRRC.

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Astuce : essaie « têtes réduites », « Écosse » ou « Sand Creek ».