Une enquête révèle comment une loi de l'État du Pará favorise l'invasion de la terre Ituna/Itatá

Une enquête journalistique met en lumière le rôle d’une loi adoptée en juin 2026 par l’Assemblée législative du Pará dans l’invasion de la Terra Indígena Ituna/Itatá. Ce territoire amazonien abrite un groupe d’autochtones vivant en isolement volontaire, particulièrement menacé par l’arrivée rapide de centaines d’occupants illégaux.
Une manœuvre législative contestée
Le texte voté en quelques minutes a créé une zone de protection environnementale sous gestion régionale recouvrant entièrement la réserve fédérale. Portée par le député Francisco Torres, la mesure visait officiellement à régulariser la situation de petits exploitants agricoles. Cependant, des analyses de données démontrent que la quasi-totalité des parcelles enregistrées sont des propriétés de taille moyenne ou grande, remettant en cause l’argument de l’agriculture de subsistance.
Des intérêts économiques et politiques
Plusieurs personnalités politiques et des acteurs économiques de premier plan sont soupçonnés d’orchestrer ces pressions territoriales pour légitimer des activités d’élevage bovin et de spéculation foncière. Les investigations révèlent que de nombreux titulaires de ces dossiers possèdent déjà d’autres domaines et que certains responsables politiques locaux affichent de lourdes amendes pour infractions environnementales. Cette stratégie s’appuie sur la diffusion de récits remettant en cause l’existence même des habitants isolés.
Des répercussions dramatiques locales
Les peuples autochtones voisins, à l’instar des Xikrin, témoignent d’un climat permanent de terreur et de menaces qui les pousse à dissimuler leur identité culturelle hors de leurs territoires. L’avancée des fronts pionniers s’accompagne d’une recrudescence des incendies de forêt et d’une violence généralisée dans cette région frontalière marquée par de fortes inégalités sociales et des conflits fonciers récurrents.
Une impunité et une inaction coupables
Malgré une décision de justice ordonnant le déploiement immédiat de forces de sécurité pour expulser les intrus, les agents fédéraux n’ont pu intervenir en raison de l’absence de coopération du gouvernement du Pará. Des observateurs internationaux alertent sur le risque imminent d’un génocide face à la lenteur des autorités et à la puissance d’un réseau politique déterminé à s’approprier ces terres protégées.
Résumé rédigé par Clans et Tribus d’après Mongabay Brasil.




