Un revenu de base aide les peuples amazoniens à protéger la forêt

Un programme pilote de revenu de base inconditionnel, évalué par des chercheurs de l’Université de Bath, a démontré des effets bénéfiques sur les conditions de vie et la préservation de l’environnement dans l’Amazonie péruvienne. Lancé en novembre 2023 avec le soutien de l’association Cool Earth, ce dispositif de deux ans a bénéficié à 211 participants appartenant à des communautés Asháninka et Yanesha. Les versements directs d’environ deux livres sterling par jour ont permis de réduire la pauvreté et de renforcer l’autonomie de ces populations face à des difficultés historiques persistantes.
Impact positif sur la conservation
Près de quatre-vingt-dix pour cent des participants ont adopté des pratiques favorables à l’environnement, tandis que quatre-vingt-sept pour cent se sont impliqués dans des actions de conservation telles que le reboisement et la protection des sources d’eau. La sécurité financière accrue a entraîné une baisse du travail migratoire temporaire, qui est passé de quarante-trois à dix-huit pour cent, permettant aux habitants de rester sur leurs terres ancestrales. Par ailleurs, la proportion de foyers confrontés à l’insécurité alimentaire a nettement reculé, chutant de soixante-treize à vingt-six pour cent, avec une diversification notable des régimes alimentaires.
Amélioration du niveau de vie
Le niveau de vie général des foyers a progressé grâce à des investissements dans l’habitat, l’eau potable, l’assainissement et l’accès à l'énergie solaire ou au gaz. Les ménages ont également développé leurs capacités d'épargne tout en réduisant leur dépendance aux prêts d’urgence, et les contributions au financement de la scolarité ont augmenté. Les responsables du projet soulignent que le soutien financier, combiné à une organisation communautaire renforcée, favorise la cohésion sociale et la vitalité des leaderships locaux.
Perspectives et dignité retrouvée
Les initiateurs de l'étude estiment que cette approche rompt avec l’histoire coloniale des politiques de conservation en plaçant la dignité humaine au centre des préoccupations. Neil Howard, responsable des recherches, indique que l’absence de contre-contraintes formelles ne crée pas de dépendance mais stimule l’investissement local et réduit la pression pour exploiter ou abandonner les territoires. Sofia Vargas, responsable de Cool Earth au Pérou, confirme que l’aide favorise l’initiative et la protection active de la forêt amazonienne par ses gardiens légitimes.
Résumé rédigé par Clans et Tribus d’après Down To Earth.


