Les tribus Teduray et Lambangian obtiennent un titre foncier ancestral

Après plus de deux décennies de luttes juridiques et de retards administratifs, les communautés autochtones teduray et lambangian de la région autonome de Bangsamoro, aux Philippines, ont obtenu la reconnaissance officielle de 117 101 hectares de terres ancestrales. La remise du certificat de titre de domaine ancestral s’est déroulée le 23 octobre 2026 à South Upi, dans la province de Maguindanao del Sur, lors d’un rassemblement marqué par un rituel traditionnel. Cette victoire historique couronne un dossier entamé dans les années 1990 et relancé en 2005 par le biais de requêtes successives auprès des autorités compétentes.
Une reconnaissance territoriale historique
Le territoire ainsi officialisé est réparti sur onze parcelles distinctes situées dans plusieurs municipalités de la zone. La complexité juridictionnelle entre les lois nationales et le cadre institutionnel propre à la région autonome avait entraîné de nombreux blocages, surmontés grâce à la coopération de diverses agences gouvernementales, de la commission nationale des peuples indigènes et du ministère bangsamoro des affaires des peuples autochtones. Pour les responsables communautaires, l’obtention de ce titre légal constitue un outil fondamental pour préserver l’intégrité du territoire et transmettre un patrimoine intact aux générations futures.
Les défis de la gouvernance locale
Malgré cette avancée majeure, les dirigeants autochtones soulignent la nécessité de renforcer la cohésion communautaire et la protection des frontières face aux transactions foncières illégales et à la dégradation des ressources. Les structures de gouvernance locale prévoient de s’appuyer sur des mécanismes spécifiques pour gérer le développement et résoudre les litiges fonciers. Les responsables appellent également à une augmentation des dotations budgétaires pour accompagner efficacement la mise en valeur de ces vastes espaces dispersés.
La protection des droits et du consentement
Les instances de protection des droits autochtones insistent sur l’importance de faire respecter le principe du consentement libre, préalable et éclairé face aux projets de développement et aux investisseurs extérieurs. Ce mécanisme juridique vise à garantir l’autodétermination des populations et à empêcher toute appropriation indue des terres collectives. Les autorités locales rappellent que la vigilance reste indispensable pour contrer la spéculation et préserver l’identité culturelle des communautés face aux pressions économiques.
Résumé rédigé par Clans et Tribus d’après Rappler.




