Le mouvement adivasi pleure la disparition de la militante Nisha Kumari Bhagat

La militante et figure adivasi Nisha Kumari Bhagat a été retrouvée morte le six novembre deux mille vingt-six à son domicile de Ranchi, dans l’État du Jharkhand. Âgée de trente-huit ans, cette ancienne dirigeante des femmes de la Kendriya Sarna Samiti s'était fait connaître pour ses combats en faveur des droits fonciers, du code religieux sarna et de la stricte application des lois de protection autochtone. Juste avant son décès, elle a diffusé une vidéo en direct sur Facebook de onze minutes dans laquelle elle mettait en cause le gouvernement de Hemant Soren, des responsables policiers et des réseaux de spéculation foncière.
Un drame aux lourdes répercussions politiques
Dans cet enregistrement aux accusations directes, la militante déplorait l’absence totale de soutien des autorités et l’inertie de la police face aux menaces qu’elle disait subir en raison de son engagement contre l’accaparement des terres. Ses proches et plusieurs figures de l’opposition ont vivement réagi à cette tragédie, exigeant l’ouverture d’une enquête confiée au Bureau central d’investigation. Le chef de file de l’opposition Babulal Marandi a notamment réclamé la démission du ministre en chef, tandis que le parti au pouvoir, le Jharkhand Mukti Morcha, a défendu l’impartialité des investigations en cours tout en rejetant toute animosité politique envers la victime.
Les pressions subies par les femmes adivasis
Plusieurs figures militantes ont souligné la vulnérabilité particulière des femmes engagées en première ligne dans les luttes de terrain. Nisha Kumari Bhagat bataillait seule depuis des mois pour défendre des terres tribales convoitées par des promoteurs, tout en faisant face à des pressions administratives et à des intimidations répétées. Ses soutiens rappellent qu’en dépit d’une image publique forte forgée par des manifestations d’envergure et des contestations politiques, elle se heurtait à un isolement croissant et à l’indifférence des institutions censées la protéger.
Enquête et mobilisations des communautés
Les forces de l’ordre locales ont ouvert une procédure pour mort suspecte et fait examiner le corps à l’institut médical de Ranchi tout en recueillant des indices matériels. Face à la colère grandissante des communautés adivasies, des rassemblements symboliques ont été organisés avant ses obsèques dans son village d’origine, à Gumla. Les manifestants et les syndicats étudiants exigent la mise en cause des agents et des intermédiaires nommément désignés dans sa dernière intervention publique, afin que toute la lumière soit faite sur les défaillances des services de sécurité.
Résumé rédigé par Clans et Tribus d’après The Mooknayak, Mathrubhumi English, The Times of India et Organiser.
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Autres sources : Mathrubhumi English · The Times of India · Organiser



