Le biologiste Miguel Ángel Sánchez-Mercado alerte sur la disparition des morichales

Des recherches récentes menées par le biologiste vénézuélien Miguel Ángel Sánchez-Mercado mettent en lumière l’importance écologique cruciale des morichales, des écosystèmes humides dominés par le palmier moriche dans les savanes et plaines du pays. Ces formations végétales jouent un rôle fondamental dans la régulation des cours d’eau douce et affichent une capacité remarquable de séquestration du carbone dans les sols. Toutefois, ces sanctuaires naturels font face à des menaces croissantes en raison de l’urbanisation, de l’expansion industrielle et d’un cadre juridique de protection jugé insuffisant.
Un rôle clé pour le climat
Les études menées dans la région indiquent que ces zones humides possèdent un potentiel élevé d’absorption du dioxyde de carbone, comparable à celui d’autres écosystèmes majeurs comme les mangroves. Contrairement à ces dernières, les morichales se développent en eau douce et peuvent être reproduits artificiellement sous les tropiques pour atténuer les effets du changement climatique. Leurs systèmes racinaires denses agissent comme de gigantesques éponges capables de stabiliser les sols, de prévenir l'érosion et de restituer l’eau progressivement durant les périodes de sécheresse.
Les menaces de l’urbanisation
Malgré leur statut théorique de zones sous régime d’administration spéciale, ces écosystèmes subissent les pressions de l’expansion urbaine, à l’instar des destructions observées autour de Maturín. Les réglementations en vigueur reposent sur des décrets anciens qui ne sont pas toujours respectés par les promoteurs immobiliers. Par ailleurs, les activités industrielles, notamment pétrolières, négligent souvent la restauration de ces habitats après des pollutions, se contentant de nettoyer les cours d’eau sans prendre en compte la fragilité de la végétation environnante.
La culture warao menacée
Pour le peuple autochtone Warao, qui nomme le palmier l’arbre de vie, cet écosystème constitue le socle de la culture et de la survie matérielle. Les communautés utilisent chaque partie de la plante pour se nourrir, se loger, fabriquer des embarcations et concevoir de l’artisanat traditionnel. Cependant, la dégradation de leur environnement naturel pousse de nombreux membres de la communauté à l’exode et à l’acculturation, les obligeant à abandonner leurs modes de vie ancestraux pour survivre en milieu urbain.
Vers une science intégrée
Afin de préserver ces milieux, le chercheur plaide pour une approche combinant sciences naturelles et travail ethnographique auprès des populations locales. Cette méthode vise à stimuler une prise de conscience collective en impliquant directement les habitants dans la cohabitation respectueuse avec la nature. Des projets menés auprès de plusieurs communautés de l'État de Monagas démontrent la nécessité d’associer les savoirs traditionnels aux évaluations scientifiques pour assurer la sauvegarde durable de ces oasis de fraîcheur.
Résumé rédigé par Clans et Tribus d’après Mongabay.






