La résistance des communautés mayas ch'orti' face au changement climatique

Au cours de l’année deux mille vingt-six, dans la localité de Matazano située à Jocotán dans l’est du Guatemala, le peuple maya ch’orti' subit une grave sécheresse aggravée par le phénomène climatique El Niño. Les pluies ayant cessé dès le mois de juin, les récoltes de maïs et de haricots ont totalement échoué, plongeant les familles dans une situation de détresse alimentaire sévère.
Une crise agricole et alimentaire profonde
Les autorités traditionnelles de la communauté, telles que Juana Ramírez, Dámaso Aldana et Faustino Raimundo, constatent un bouleversement complet des cycles de précipitation par rapport aux décennies précédentes. La perte des cultures contraint les habitants à acheter le maïs à des tarifs très élevés, provoquant endettement, recours à des emplois journaliers précaires et départ des jeunes vers les États-Unis. La hausse de la malnutrition et la diminution des ressources pèsent lourdement sur la stabilité des foyers, tandis que l’aide humanitaire institutionnelle demeure extrêmement limitée et insuffisante.
Les répercussions invisibles sur la santé mentale
Au-delà de la pénurie matérielle, la perte répétée des récoltes et la pression exercée sur les terres engendrent un épuisement psychologique profond au sein des familles. Les spécialistes soulignent que l’urgence de la survie quotidienne relègue la santé mentale au second plan, privant les habitants d’un accompagnement adapté face à l’anxiété et à la tristesse accumulées. Les femmes, en particulier, supportent une charge écrasante liée au soin des enfants et à la gestion des foyers pendant l’absence des membres partis migrer.
L’exclusion politique et la mainmise municipale
Les structures de représentation locale, comme les conseils communautaires de développement, agissent souvent comme des intermédiaires inféodés aux municipalités, marginalisant ainsi les autorités indigènes autonomes. Cette connivence favorise la signature de contrats avec des entreprises extractives et énergétiques sans consultation préalable des habitants. Les projets miniers, hydroélectriques et d’infrastructures électriques accentuent la déforestation et détruisent l'équilibre environnemental du territoire.
La longue lutte pour la souveraineté territoriale
Face aux menaces d’expropriation et à l’implantation de projets industriels, les communautés mayas ch’orti' s’organisent depuis plusieurs décennies à travers la résistance pacifique et des recours juridiques. Malgré une histoire marquée par la répression, la criminalisation de leurs dirigeants et la perte de leurs terres historiques, les autorités ancestrales ont obtenu des reconnaissances judiciaires affirmant leurs droits collectifs. Aujourd’hui, elles défendent leurs semences natives, protochent les forêts et préservent leur autonomie face aux pressions extérieures.
Résumé rédigé par Clans et Tribus d’après Contracorriente Honduras.


