Divya Ahirwar mobilise les Adivasis contre le projet de liaison des rivières Ken-Betwa

En août, la jeune conseillère municipale Divya Ahirwar est intervenue lors d’un rassemblement national organisé par le Congrès à New Delhi pour porter la voix des populations rurales du Bundelkhand. Âgée de vingt-quatre ans, elle incarne la fronde des communautés adivasis et des agriculteurs des districts de Chhatarpur et de Panna, dans le Madhya Pradesh, contre le projet d’aménagement hydraulique reliant les rivières Ken et Betwa.
Une contestation populaire marquée par la lutte
Depuis le début du mouvement en deux mille vingt-deux, les habitants dénoncent l’absence de consultation et le non-respect des procédures légales lors de l’approbation de ce chantier de transfert d’eau. Les personnes vouées à l’expulsion affirment ne pas avoir reçu de compensations adéquates ni de mesures de réhabilitation satisfaisantes, tandis que plusieurs habitations ont été détruites sans indemnisation préalable. Pour exprimer leur désespoir face à la perte imminente de leurs terres ancestrales, des centaines de femmes tribales ont mené une action symbolique forte en s’allongeant sur de faux bûchers funéraires sur les rives de la rivière Ken.
Une répression judiciaire vigoureuse
L’implication croissante des femmes a dynamisé une contestation qui menaçait de s’essouffler, tout en provoquant une intensification des pressions exercées par les autorités locales. Fin septembre, la jeune militante a été interpellée et incarcérée dans une prison du district à la suite de poursuites judiciaires incluant des accusations graves d’tentative de meurtre en marge de manifestations. Ses soutiens et ses conseils juridiques ont vigoureusement contesté le bien-fondé de ces accusations, qualifiant son incarcération de manœuvre d’intimidation politique visant à museler les opposants au projet de liaison fluviale.
Les lourdes menaces du projet
Le projet contesté prévoit la construction d’un barrage majeur et d’un canal de grande envergure pour acheminer les surplus hydriques vers une cuvette jugée aride, bouleversant durablement les écosystèmes locaux et les équilibres socio-économiques. Les opposants pointent de graves manquements dans la planification gouvernementale, incluant des défaillances dans les listes de recensement et des soupçons de corruption dans la distribution des aides financières. Face à la mobilisation et aux actions menées, l’administration a récemment accepté d’examiner les doléances des villageois et de suspendre temporairement les tensions, tout en maintenant l’incertitude sur l’avenir de la région.
Un parcours d’engagement et de résistance
Issue d’un milieu très modeste et poursuivant en parallèle des études juridiques, la jeune élue locale est devenue le symbole vivant de la résistance des communautés marginalisées pour la défense de leurs droits fondamentaux. Sa détermination et son rôle central dans la coordination des manifestations ont permis de porter les revendications des expropriés sur la scène politique nationale. Les militants poursuivent leur combat pour obtenir l’annulation des poursuites judiciaires jugées abusives et l’abandon des mesures d’expulsion non concertées.
Résumé rédigé par Clans et Tribus d’après Frontline.

